Dernière visite de l’année, l’école d’infirmières vandalisée

Je passe très souvent devant ces batiments bas, mis au rebus il y a deux ou trois ans, et depuis ouverts à tout vent, vandalisés, pillés, massacrés. Pour y être rentré dès leur désaffection, le lieu a bien changé en quelques mois. On sent le côté enragé du genre humain, celui qui est capable de construire, d’entretenir, puis de continuer son chemin sans se retourner, pendant que les pilleurs de cuivre, les saccageurs prennent le relais. Le scénario est invariablement le même. Une porte ouverte, un lieu visité, déshabillé au fur et à mesure de sa peau tranquille, pour faire apparaitre celle plus décharnée des plâtres qui tombent, des vitres perforées, du vent qui s’engouffre pour aérer les aérosols fraichement appliqués aux murs.

Ce matin, un léger vent de désolation – certainement accentué par le ciel gris ciment juste au dessus – planait sur le bâtiment. Mêmes les herbes folles ça et là semblaient tout ébouriffées.
De splendides et éphèmères muraux ont recouvert le lichen des murs, les meubles bancales sautent ivre de liberté sur des déchets en tout genre (cuillers, chaussures, livres, archives médicales, radiographies diverses. Cette radio des poumons lue à l’envers me fait furieusement penser à des ailes d’ange déchu…)

Voilà, une balade qui ne prend pas plus de vingt minutes, j’y retournerai dans quelques semaines, pour augmenter ma collection  de vues dévastées, celles qui donnent des frissons sur les capacités humaines.